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Chapitre 15 : Saïyuki, fragments de voyage

Chapitre 15 : Saïyuki, fragments de voyage

(Errare Humanum Est... ? - Heroïc-Fantasy - 4/02/2003)

Après avoir écouté l’histoire d’Halonn, le groupe d’aventuriers alla se coucher un moment. Seul le vampire resta éveillé, plongé dans ses pensées suite à cette débauche de souvenirs... Le lendemain, Ysandre se leva à l’aube, bien décidé à profiter d’une bonne journée bien active au service de son prochain. Elle fit ses prières et rituels destinés à honorer son Dieu et à commencer une saine journée de travail. Malheureusement pour elle, l’équipage de l’Espadon ne semblait pas avoir le moins du monde besoin de son aide. Dépitée, la Paladine se rendit sur le pont, bien décidée à s’entraîner au combat tout en admirant le lever du soleil sur la mer glaciale. Quelle ne fut pas sa surprise de découvrir que quelqu’un l’avait précédée en cette heure matinale. Lelfe se tenait debout, face au soleil levant. Pourtant il n’était pas connu pour ses levers aux aurores, étant plutôt du genre grasse matinée et fainéantise. Ysandre allait l’interpeller quand quelque chose l’arrêta : Lelfe ne portait pas un de ses étranges accoutrements habituels ! Au contraire, il portait une robe formelle de cérémonie, blanche et or.

Ysandre fut tellement surprise par l’habit sérieux et le visage concentré de Lelfe qu’elle s’arrêta. Son ami ne l’avait pas vu et murmurait d’étranges paroles d’un rituel inconnu. Sans savoir pourquoi, Ysandre se cacha pour pouvoir l’observer tranquillement.
"Pourquoi je fais ça ?" pensa la jeune fille en rougissant "La curiosité est un vilain défaut. Mais je ne voudrais pas le déranger. Peuh ! Quelle excuse minable, j’ai honte..."
Elle allait se redresser et saluer son compagnon, le rituel étant à l’évidence terminé et sans effet apparent, quand Lelfe ôta soudain le haut de sa robe en soupirant. Ysandre replongea aussitôt derrière sa cachette, le visage cramoisi. Lelfe caressa doucement la mince cicatrice qui barrait son torse, dernier souvenir qui s’effaçait du combat contre le chef des pirates. Il frissonna, de froid et de peur rétrospective.

"Alors, tu t’inquiètes ?" demanda une voix douce et inconnue.
"Seigneur Lathandre !?! " s’écria Lelfe en sursautant. "Vous... vous êtes venu en personne ! Si je m’attendais à..."
"Quoi ? Ai-je bien entendu ?" pensa Ysandre, choquée, en se redressant.
A coté de Lelfe torse nu se tenait maintenant une majestueuse silhouette brillante qui admirait le lever du soleil. Il s’agissait d’un elfe très grand, à la longue chevelure dorée flamboyante sous le levant. Il portait une toge blanche et or somptueuse et une épée de flamme battait tranquillement son flanc. Le plus surprenant était son aspect semi-transparent et une incroyable aura de puissance et de sérénité. Ysandre resta bouche bée devant la divine apparition.

"J’avais du temps libre. Et j’ai senti ta détresse : il est rare que tu fasses le rituel de communion dans les formes." rigola le Dieu du Renouveau. "Et puis ta mère s’inquiète, et tu sais comme elle m’est précieuse."
"Humm... En tout cas, merci. Comment va-t-elle, au fait ?" répondit Lelfe.
"Très bien. Sa grossesse avance : tu auras bientôt une petite sœur ! Elle aimerait d’ailleurs te revoir à cette occasion."
"Ne me dîtes pas qu’elle vous a envoyés me dire ça ?"
"Non, non, je suis venu pour savoir ce qui te tracasse tant."
"Ça s’est reproduit... J’ai encore une fois échappé à la mort sans savoir pourquoi ! A moins que Derym soit beaucoup plus puissant qu’il n’y parait... Mais j’en doute. ça va faire la troisième fois que je ressuscite ou que j’échappe à une mort certaine... Sans savoir pourquoi !"
"Quatre fois. Tu étais trop jeune pour t’en souvenir mais tu es un jour tombé sur le crâne du haut d’un grand arbre. Et tu t’en es sorti : en deux jours tu n’en portais plus trace."
"Ah ! ça confirme donc une de mes hypothèses ! J’ai toujours pensé que c’était l’amulette de maman qui me protégeait. Mais je ne la porte que depuis que je suis parti à l’aventure. Ce n’est donc pas ça ? Pardon, mon seigneur, mais est-ce vous qui me maintenez ainsi en vie ?"

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